
Le 31 janvier, Google nous avait fait une petite frayeur en interdisant l’accès à tous les sites à partir de son moteur de recherche pendant un court laps de temps. Beaucoup de personnes (moi le premier) se sont ainsi rendu compte de l’importance que ce moteur de recherche avait pris dans leur vie. S’imaginer sans Google Search pendant quelques heures était pourtant impensable, tellement cette société avait bâti sa réputation sur la qualité de ses produits, sur la gratuité mais surtout sur la disponibilité de ses services.
Mais aujourd’hui, ce n’est pas le moteur de recherche qui est tombé, mais la messagerie Gmail. A l’heure où j’écris ces lignes, impossible de se connecter à sa messagerie et d’envoyer ses mails à partir d’un navigateur. Il semblerait que Gmail fonctionne encore en IMAP, donc pour ceux qui ont une application tel que Outlook, Thunderbird ou Mail, le mardi noir est évité.
Mais je pense plutôt à tous les autres, qui utilisent Gmail à partir du navigateur. Ceux-là même qui ont installé Google Gears et peuvent utiliser Gmail en mode Offline (j’en fait partie). Et on est de plus en plus nombreux pour deux raisons :
- Google innove énormement avec de nombreux services complémentaires à sa messagerie. Cela donne envie à de nombreux utilisateurs de s’ouvrir une boîte personnelle sur Gmail (toujours en Beta il faut le rappeler)
- Google a développé un service pour les entreprises et les groupes : Google Apps. Avec ce service, vous pouvez héberger gratuitement votre plateforme de messagerie chez Google (« In the Cloud » comme on dit). Vous accéder à vos mails comme si vous utilisiez une adresse gmail personnelle.
Et c’est justement ce deuxième point qui est important de souligner. Les personnes qui possèdent un compte Gmail pour une utilisation personnelle ne sont pas forcément ceux qui ont une utilisation critique de l’outil (excepté certains cas comme les personnes qui utilisent leur adresse gmail pour le travail), et une petite panne de temps en temps ça pourrait arriver pour de nombreux services. Il est d’ailleurs indiqué que le service est n’est garanti à 99,9% de temps de disponibilité, autrement dit les pannes sont vraiment très très rares, que pour les organisations qui prennent la version Google Apps Premier, qui est payante. Pour les autres, aucune garantie.
Mais ces pannes arrivent, je pense plutôt à l’autre catégorie d’utilisateurs : les petites entreprises, les collectivités ou même les écoles qui sont passés sous Google Apps. Ces utilisateurs là ont une utilisation professionnelle de leur outil, et même une panne de ce type peut engendrer des disfonctionnements immenses au sein de l’entreprise qui utilise de plus en plus les mails pour toutes ses communications.
C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai voulu écrire cet article, car mon école est passé de Microsoft Exchange hébergé sur ses propres serveurs, à la solution Google Apps. Quand la messagerie était sur Exchange, il arrivait que des pannes se produisent, mais c’était surtout lié au matériel et à son alimentation (au sein de l’école). Avec le passage sous Google Apps (Microsoft Exchange Online existe aussi d’ailleurs), j’ai été très satisfait par tous les avantages apportés par Google, mais il faut avouer qu’en ce moment on peut se poser des questions. Il faut aussi remettre ce service dans son contexte : Google Apps est gratuit dans sa version de base, alors il faut se souvenir que lorsqu’on ne paye pas pour un service (même si la publicité paye pour nous), on ne peux pas s’attendre à autant de performances qu’un service payant.
Je suis le premier défenseur des nouveaux modèles tels que le SaaS (Software as a Service) ou le S+S (Software + Services) mais ce problème chez Gmail aurait très bien pu arriver ailleurs, et ça me chiffonne un peu de penser que ce n’est pas encore fiable à 100%. A ce niveau, je pense que je touche à la réticence première des utilisateurs : perdre la maîtrise de leur infrastructure IT.
En attendant le retour de Gmail, je suis bien content d’avoir mon adresse Windows Live (ou autre) qui fonctionne. Cela fera sûrement réfléchir plein de gens sur l’importance de la concurrence dans les services web et les dangers de l’hégémonie d’un acteur omniprésent comme Google.
Allez hop, les commentaires sont ouverts.
Edit : plus de 2 heures après le début de la panne, les services commencent à reprendre doucement, très doucement …
Dans un contexte professionnel, je ne comprends pas qu’on puisse accéder aux applications gratuites de google quand celles-ci sont encore en beta, sauf peut etre si on privilégie les coûts à la qualité des prestations.
Certaines entreprises avec X centaines de collaborateurs vont, après chiffrage, décider de re-passer à une solution internet (comme par exemple exchange pour le stockage de mails) pour éviter de lourdes pertes au prochain souci. Ceci dit, ces entreprises sont certainement inexistantes ou marginales.
Je mise cependant sur la relegation de ce bug google au rang de « buzz », sauf si celle-ci dure encore quelques heures !
Donc, bug humain lié à un « / » en trop dans un fichier de configuration ou alors missile air-sol sur les datacenter google ?
En fait pour répondre à Titlap, ce n’est pas les grosses boîtes qui sont embêtées, mais toutes les écoles, PMe d’une dizaine de personnes, associations etc… qui trouvent en Google des outils très puissants et gratuits. Elles ont raison d’ailleurs. Par contre il est dommage que ce soit toujours une bêta. Enfin bêta ou pas, il faut tout de même remarquer que ceci arrive rarement, cad pas plus souvent que la concurrence, sauf que l’omniprésence de Gmail fait que chaque pb est bien plus médiatisé.
J’ai appris que c’est suite à une recrudescence d’attaques que Google a décidé de bloquer le service de manière préventive. Mais il est clair d’une part qu’ils auraient dû nous prévenir (un petit mail rapide) et d’autre part c’est aussi comme çà qu’on réalise à quel point on est dépendant vis-à-vis de Google, çà fait peur…
Que Google soit « nationalisé » de manière internationale et l’on aura plus aucun problème. Leur monopole n’est pas acceptable. Le pire est à venir je pense…
Tu mets le doigt là où ça fait mal Dami…
Je me souviens m’être interrogé sur la dangerosité du pouvoir Google au dernier Barcamp, au sujet du web sémantique. On m’avait plus ou moins rit au nez…
Je me sers de Google Apps, étant à l’ESC Lille, et il faut bien reconnaître que c’est un bonheur d’efficacité. C’est leur force, comme tu le dis. Mais je commence à sérieusement penser à répartir mes oeufs dans d’autres paniers…
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Un monopole n’est jamais bon, et en voici un bon exemple!
Merci de le partager.
J’ai toujours milité pour ne pas enterrer Yahoo & Co trop vite, mais on voit ainsi que c’est pas si mal de tout répartir!